Un autre témoignage qui montre que l'on peut faire des émules ...
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]La première fois où j'ai vu des athlètes courir pieds nus, c'était à Bourg-en-Bresse, capitale du département de l'Ain.
Je participais à un cross disputé dans la neige par une température en-dessous de zéro. Un groupe de soldats originaires d'Afrique du Nord, appartenant à un régiment en stage dans la région voisine au titre de la coopération avec l'armée française, remportèrent les premières places de cette épreuve de 10 km. Faute d'avoir les moyens de s'offrir des "pointes" de cross, tous coururent pieds nus, sans souffrance apparente, devançant les meilleurs coureurs de la région (avec chaussures !).
En 1960 l'Ethiopien Abebe Bikila remporta le marathon des Jeux Olympiques de Rome en courant pieds nus. Mais quatre ans plus tard, aux Jeux de Tokyo, il gagna à nouveau, en chaussures cette fois.
Depuis cette époque, on n'a pas entendu souvent parler de "barefoot", la course pieds nus. C'est seulement ces dernières années que le phénomène tend à se répandre, mais cette fois dans le peloton.
De la course à pied autrement ?
On peut parler de phénomène "d'attitude", car il s'inscrit pour beaucoup de ses adeptes dans un contexte de "retour au naturel", développement durable oblige, avec le fait d'allèger aussi les vêtements : en courant torse nu, par exemple. Une tendance à la libération du haut du corps de tout textile non indispensable, en opposition aux fabricants de vêtements de contention qui assurent qu'un maillot très serré améliore la circulation sanguine, donc les performances en course. Pour avoir moi aussi enlevé mon maillot à la mi-course d'un Marjevols-Mende caniculaire (avec chaussures), une spectatrice me cria : "bravo, çà c'est de la course à pied autrement !"
Evidemment, courir pieds nus oblige à modifier la foulée : la réception doit s'effectuer sur la moitié avant du pied (pas sur la pointe, ne pas confondre), le talon ne faisant qu'effleurer le sol, ce qui aurait pour effet de guérir les pieds de certains maux traités par les semelles correctrices sur mesure fabriquées par les podologues, et enfilées à l'intérieur des chaussures.
Chacun(e) peut tenter l'expérience. Ceux et celles qui débutent dans le "barefoot" le font parfois avec prudence en emportant des chaussures légères à la main ou dans un sac à cause des gravillons et autres débris rencontrés sur le bitume.
Pourquoi pas ?
Michel Delore